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COMMENTAIRES DE LA RÈGLE DE SAINT-BENOÎT

Réf.: SLPt36

Hildemar de Corbie

Disponibilité: Disponible Hors stock
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Quelques commentaires modernes et surtout des références assez nombreuses dans les pages consacrées à la Règle de saint Benoît, dans la Patrologie de Migne renvoient à un certain moine du IXe siècle nommé Hildemar, dont on sait fort peu de choses, et dont il était difficile de consulter le texte. Une seule édition « moderne », datant du XIXe siècle, étant disponible dans de rares bibliothèques Mais aucune traduction dans une langue moderne. Il valait la peine de se lancer dans la traduction d’un texte important pour l’histoire du monachisme bénédictin. Hildemar a été moine de la célèbre abbaye de Corbie, peut-être en a-t-il été l’abbé. Il y était en tout cas suffisamment connu pour qu’un archevêque de Milan fasse appel à lui pour réformer les monastères de son diocèse. D’autres monastères, du diocèse de Brescia, suffragant de Milan, reçoivent également l’aide d’Hildemar. C’est sans doute l’enseignement donné par Hildemar, en particulier au monastère de Civate, que reflète ce commentaire. Certaines recherches ont clairement montré que le texte dont nous disposons est constitué des notes prises par plusieurs auditeurs, sans doute des moines, et peut- être reprises par Hildemar lui-même. D’ailleurs, il existe trois versions de ce « commentaire » sous des noms différents, Hildemar, Paul Warnefrid diacre, et Basile, ces trois versions reflétant la diversité des auditeurs du véritable auteur, Hildemar lui-même. Légèrement postérieur au commentaire de la Règle, le plus ancien connu, écrit par Smaragde, celui d’Hildemar présente un intérêt majeur. Il est d’abord hautement intéressant d’assister pour ainsi dire au Chapitre d’un Abbé du 9ème siècle, en cette période de grande réforme de la vie bénédictine dans l’Occident carolingien : le style parlé du texte, avec ses redites, ses explications, ses digressions aussi, sa naïveté parfois, donne le sentiment d’entendre ce moine. Et pour des moines ou moniales du 21 ème siècle la surprise pourrait être grande de s’apercevoir que ce commentaire garde sa pertinence aujourd’hui, comme la Règle elle-même. On sent la grand expérience humaine et monastique d’Hildemar, la finesse de son intelligence, de son intuition, de sa psychologie. A d’autres égards, le texte d’Hildemar, déroute quelque peu en manifestant l’existence d’usages qui ne sont plus de notre temps : le commentaire se transforme parfois en « coutumier » et se double alors d’un intérêt historique, voire anthropologique, même si Hildemar s’attarde en des explications qui semblent sortir de son sujet. Il est évident que sa culture est immense, et il ne manque pas de donner à ses auditeurs-moines un enseignement qui n’est pas que monastique. Lui- même a fréquenté tous les « grammairiens » antiques, à côté des Augustin, Grégoire le grand, Cassien, Cassiodore, Isidore de Séville, Bède le Vénérable qu’il cite abondamment et nourrissent sa réflexion. Le texte lui-même n’a aucun caractère littéraire, et n’est pas une œuvre composée dans le souci de plaire à des esthètes, mais chaque verset de la Règle de saint Benoît est analysé, expliqué avec un soin extrême, pour des moines réels qui veulent vivre de l’esprit du Père des moines